Deux livres à lire pour faire une bonne rentrée

Adieu Tristesse et La Force de la Caresse

Le livre Adieu Tristesse est un véritable manuel de bonne humeur à mettre entre toutes les mains et il faut commencer par celui-là. Car impossible de se lancer dans une opération « caresse » auprès d’une personne désorientée ou en crise, si on n’est pas soi-même installée dans la bonne humeur. Valérie Roumanoff a l’art de mettre les pieds dans le plat et d’aller directement au cœur du problème sans s’embarrasser des protocoles habituels. Son écriture ne se départit jamais d’une bonne dose d’humour et déjà la lecture de ce livre vous rendra le sourire.

Elle propose d’entrée de jeu « un virage à 180 degré, non pas prendre un raccourci, mais faire carrément demi-tour… En pensant: « il m’énerve », c’est comme si vous remettiez dans les mains de l’autre la télécommande de vos émotions. » Vous serez étonné de découvrir des phénomènes inconnus tel que: « Je fais tout mon possible pour me gâcher la vie. » Alors, celui qui vous énerve s’en va bien loin, même s’il reste tout près, si vous lui avez retiré la télécommande de vos émotions. Bien sûr cela demande d’acquérir un savoir-faire nouveau qui n’a rien de mystérieux et qui est terriblement logique. Valérie Roumanoff a un talent pédagogique évident et elle déroule toutes les étapes du processus avec de temps en temps un questionnaire qui vous est destiné. Vous pouvez écrire vos réponses dans les pages du livre prévues à cet effet, ce qui vous donnera des repères pour avancer jusqu’au moment où vous pourrez dire de bon coeur: « Adieu Tristesse ».

Véronique Lefebvre des Noëttes, psychiatre et gériatre nous fait partager ses expériences en milieu hospitalier avec des malades Alzheimer. Elle nous parle avec passion de la caresse, « ce geste, simple, gratuit, beau, ancestral », qui apaise les tensions et les angoisses. « La caresse mérite qu’on s’y attarde un peu, qu’on la prodigue, qu’on la réhabilite dans les soins ». Le Covid a bouleversé nos vies en répandant « le sans contact » et « la distanciation sociale », en nous privant des contacts physiques auxquels nous étions habitués. Son plaidoyer pour la caresse est parsemé de petits récits qui mettent en scène des personnes très âgées et très dépendantes:

« Ernestine a glissé de son fauteuil roulant. On l’a réinstallée… Au moment de partir, je vois des larmes couler sur son visage flétri. Sa main m’agrippe, alors sans réfléchir je lui fais un câlin, sans un mot. Elle se laisse faire, ses larmes cessent de couler. Elle dira juste merci ». Véronique Lefebvre des Noëttes nous propose de découvrir « la force de la caresse qui redonne un élan vital, une cohésion humaine à des corps meurtris et à ceux dont l’esprit s’égare. » Elle note que chez les soignants, « on est particulièrement prudent avec le toucher, qui doit être professionnel, froid, technique… Or pour toucher un malade il faut savoir établir une réelle relation soignant-soigné.  » On est heureux d’apprendre que l’on commence à enseigner, dans certaines écoles d’infirmières, le toucher thérapeutique et la caresse empathique.

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