Le point sur les patches d’EXELON

J’ai reçu deux fois des questions sur les patches d’EXELON. Je me suis adressée au Docteur Drunat, qui a écrit la préface de mon dernier livre sur la Bienveillance, et qui est gériatre à l’hôpital Bretonneau à Paris. Voici sa réponse:

« L’EXELON (Rivastigmine) est un médicament dit « anti Alzheimer » plus précisément anticholinestérasique  (inhibe l’action des enzymes qui dégradent l’Acétylcholine, un neurotransmetteur qui diminue nettement dans la maladie d’Alzheimer). C’est un traitement symptomatique (pas curatif) indiqué dans les formes légères à modérément sévères de la maladie d’Alzheimer. L’EXELON est aussi indiqué dans les formes légères à modérément sévères d’une démence chez les patients atteints de la maladie de Parkinson idiopathique (sans cause évidente). Il est délivré sous forme de gélule ou de patch (ce qui ne change pas l’efficacité).

Il a été utilisé plusieurs années en France. Il a été déremboursé en 2017 car les études n’étaient pas concluantes sur le service rendu : – absence de pertinence clinique des effets symptomatiques – absence d’efficacité sur les troubles du comportement, de la qualité de vie, sur le délai d’entrée en institution, sur la mortalité, sur la charge de la maladie pour les aidants – du risque élevé d’interactions médicamenteuses (notamment avec les psychotropes eux aussi anticholinergiques).

Dès les études princeps, il était clair que l’efficacité était dose dépendante. Il fallait de hautes doses pour avoir un résultat significatif avec un risque majoré d’effets indésirables (très fréquents : troubles gastro-intestinaux, cauchemars, agitation, confusion, anxiété, vertiges, d’autres rare voire très rares : bradycardie, augmentation de signes parkinsonien). Pour les patchs il est observé assez souvent un prurit local.

Toutefois, l’expérience des cliniciens rapporte des effets sur certains patients sans que l’on puisse précisément prédire lesquels (c’est la limite des études d’efficacité des traitements anti-Alzheimer. Le critère de sélection des patients n’est pas toujours rigoureux sur la définition même de la maladie et le manque d’un contrôle avec des patients traités et entrainés cognitivement. Certains praticiens instaurent alors le traitement avec une période d’observation de quelques mois pour juger d’un effet désirable. Le traitement est ensuite stoppé ou maintenu selon l’évolution des troubles.

Le traitement de la maladie d’Alzheimer est pluri dimensionnel. L’activité physique, la stimulation intellectuelle, la socialisation, l’alimentation raisonnée, la gestion de l’environnement, la bienveillance sont autant de facteurs pour une évolution lente. »

J’ajouterai que le Docteur Drunat avait prescrit à mon mari un autre remède anti-Alzheimer, l’Aricept qui a également été déremboursé en 2017. Ce médicament a été pris pendant plusieurs années avec un effet positif très net et comme effet secondaire des troubles intestinaux que mon mari supportait bien (il devait se lever toutes les nuits vers 3 heures du matin pour aller à selle et disait que ça ne le gênait pas). Nous avions essayé de le supprimer une fois et la confusion s’est aggravé immédiatement. Au bout de quelques années l’effet positif s’était estompé, le médicament a été arrêté, les troubles intestinaux ont disparu aussitôt.

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