Reportage JT France 2 le 9 octobre 2014

Parlez moi d’amour, redites moi des choses tendres… la chanson tourne dans ma tête comme une valse langoureuse… Votre beau discours mon cœur n’est pas las de l’entendre…

Le mot amour garde son pouvoir merveilleux, bien qu’on le cuisine impunément à toutes les sauces.  J’ai été troublée par la manière dont David Pujadas  a présenté le reportage que France 2 a diffusé sur nous au JT de 20h le 9 octobre . Dans sa bouche les mots amour et bonheur appliqués à ma personne prenaient l’air d’une information vérifiée.

Pourtant, je n’ai pas prononcé une seule fois le mot amour pendant  le reportage, car c’est un mot que j’évite et dont je me méfie car je le trouve porteur de confusions et d’illusions.

J’ai parlé d’attention, d’observation, de méthode, de boussole.

J’ai aussi dit : présence, bienveillance, intelligence de la situation.

J’ai évoqué l’intelligence du cœur.

Et c’est la même réflexion que j’entends sur la Confusionite quand les gens sortent du spectacle ils disent : « il y a beaucoup d’amour! » Je vois bien que dans le reportage, ou dans ce qui est montré sur la scène du théâtre  il y a quelque chose d’inhabituel. Ne trouvant pas d’autres mots, les gens parlent d’amour, comme si c’était une grâce venue du ciel.

Quant à moi, il y  a longtemps que je suis à la recherche d’une définition de l’amour véritable. Quand j’ai rencontre Daniel il m’a dit : « l’amour et la liberté c’est la même chose! » J’avais approuvé et adoré. J ’ai élaboré une réflexion sur l ‘amour véritable dans mon adaptation de Peau d’Ane, je fais dire au Bouffon:

peau d ane« Il y a deux sortes d’amour, celui qui échauffe le cœur et fait commettre n’importe quelle folie… Ce n’est pas de l’amour, mais les gens croient que plus on est fou plus on aime! Échauffer le cœur et réchauffer le cœur, il y a un monde entre les deux. Quand on effeuille une marguerite on dit toujours dans cet ordre: je t’aime, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie! … Il  existe une deuxième sorte d’amour, qui ne fait pas faire de folie (car il est dépassionné). C’est une sorte d’amour qui rend heureux. Comment le reconnaît-on?  Cet amour-là peut attendre… »

Autrement dit l’amour qui rend heureux n’a rien à voir avec la passion amoureuse, il est d’une autre nature, le temps est son ami,  il n’est jamais pressé et ne s’essouffle pas. Comme il ne s’essouffle pas, il ne s’épuise pas.

Concrètement il n’y a rien de plus simple, juste une question : si je fais ceci ou cela, qu’est ce que l’autre va ressentir? Dans le cas d’un patient Alzheimer pour qui le ressenti est tout, qu’est ce qu’il va devenir, quelle va être sa journée, quelle va être sa vie?

C’est donc une présence à ce qui est, à ce qui arrive, et qui souvent se cache derrière les apparences. Je vois et je comprends que quoi qu’il fasse, il ne fait pas exprès, il fait de son mieux. Si je suis dérangée, surprise,  incommodée comme cela arrive de plus en plus souvent, c’est à moi de m’en arranger, c’est un problème pour moi et c’est à moi de trouver une nouvelle solution. L’autre dépend de moi, et moi je dépend de lui. Car la dépendance est à double-sens toujours. C’est dans ce parcours, confrontée à la pathologie, que j’ai trouvé l’amour qui rend heureux. Et David Pujadas a eu raison d’en parler comme il l’a fait.

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