Approches non médicamenteuses: faire feu de tout bois!

Il y a tellement d’approches non médicamenteuses possibles. Il faut remercier ici Annie de Vivie d’avoir mis l’expression et la démarche à la mode ( cf colloque novembre 2014.) Quelqu’un a écrit dans un commentaire que : « les approches non médicamenteuses ont des effets très positifs avec un coût financier non pris en compte par la sécurité sociale et les pouvoirs publics « 

Les approches non médicamenteuses accessibles à tous

Il faut savoir que si vous proposez à un patient Alzheimer de balayer ou de faire le lit ou de plier le linge ou de jouer au ballon ou de vous accompagner faire les courses ou au cinéma, c’est une approche non médicamenteuse!  Il faut faire feu de tout bois. N’importe quelle activité que le patient peut faire ou à laquelle il peut participer va rendre le quotidien confortable et agréable. Le pire pour tout un chacun et pour les patients Alzheimer en particulier, c’est de rester enfermé à ne rien faire.

Si on s’imagine que bientôt on va trouver le remède qui… que la sécurité sociale ou les pouvoirs publics vont financer ceci ou cela… que pour l’instant c’est pas trop mal…  que plus tard on verra… que c’est à d’autres d’assurer la prise en charge, on ouvre une brèche où le malaise va s’infiltrer insidieusement. Et comme l’on voit dans les intempéries de cet automne la terre, gorgée d’eau, se met à glisser et le sol se dérobe tout à coup sous les pieds. Difficile alors ou impossible de remonter la pente ou de revenir en arrière.

Cultiver la relation de confiance

L’état modifié du cerveau  engendre un grand nombre de situations qu’il faut apprendre à débrouiller et à accompagner. Pour cela on doit tout mettre dans la balance: faire feu de tout bois, se servir de toutes ses ressources, le plus vite possible pour prendre la maladie de court, lui couper l’herbe sous le pied. Dès le début il ne faut pas sous-estimer les enjeux, ni l’importance du changement qui est en marche. Si on met le paquet dès le commencement, tout la suite va couler de source. Quand la relation de confiance est établie et cultivée au jour le jour, les difficultés inévitables de la vie peuvent la mettre entre parenthèse quelques instants ou quelques heures, mais elle reste le terrain solide sur lequel repose le quotidien, années après années.

La politique de la disparition

Quant on est occupé à inventer de nouvelles manière de faire, de nouveaux rangements dans la maison, de nouvelles activités, il ne faut pas oublier l’importance de ne pas imposer, de ne pas blesser la personne qui essaie d’exister dans l’univers mouvant qui est le sien. Dans la prise en charge, ce que j’appelle la politique de la disparition a des effets merveilleux; par exemple on fait disparaître un interrupteur sous un morceau de scotch.

Et en ce moment il  m’arrive de pratiquer la disparition de moi-même. Soit au moment du déshabillage pour se coucher ou pour entrer dans la douche (ce qui reste toujours un moment délicat) si Daniel a un geste brusque ou me lance un regard fâché, je sors de la pièce, je compte jusqu’à trois et je reviens. Car je ne peux pas et je ne veux  faire comme si je n’avais rien vu, comme si cela n’avait pas d’importance. Tout a de l’importance. On ne sais pas de quoi demain sera fait.  Il faut faire attention à tout.

Crédit photo© Konstantin Yuganov

4 réflexions au sujet de « Approches non médicamenteuses: faire feu de tout bois! »

  1. Mireille Kadi

    J’ai été obligée de placer mon époux, atteint de la maladie d’Alzheimer, dans une institution. Il était devenu très agressif surtout lorsqu’il réclamait les clefs de la voiture. J’avais beau lui dire qu’avec les médicaments qu’il prenait il était impossible qu’il conduise, que lorsqu’il irait mieux il pourrait à nouveau reprendre la conduite… J’essayais de faire diversion en lui proposant d’autres activités mais rien ne le détournait de son idée fixe. En plus j’ai la forte conviction que tous les médicaments (genre xanax) qu’on lui donnait ne faisaient qu’augmenter son agressivité. J’aimerai le reprendre à la maison. Je vous remercie si vous pouviez me donner quelques conseils, surtout que cela bientôt deux ans qu’il n’est plus à la maison. C’est très dur.
    Cordialement.
    Mireille Kadi.

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  2. Micheline Beretta

    J’ai moi aussi des problèmes avec les clés de voiture.
    L’atteinte à sa liberté est mal vécue par moments, mais pas d’agressivité.

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    1. coletteroumanoff Auteur de l’article

      L’agressivité, même toute petite, est un signal d’alarme qui montre qu’on n’est pas tout à fait dans la bonne position ou dans le bon discours. C’est le signe qu’il faut trouver une nouvel ajustement et en tous cas ne jamais la laisser se développer.

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  3. Ping : Nuits agitées : le paradoxe du caféBien vivre avec Alzheimer

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