Interview Alzheimer un autre regard

Je devais aller faire une conférence à Carcassonne le 19 septembre qui a été annulée à cause du Covid. Marianne Taillandier, la présidente de l’association, est venue m’interviewer en Provence cet été avec François qui a filmé. Je suis heureuse de pouvoir mettre cette vidéo sur le blog grâce au savoir faire de Valérie.

2 réflexions sur « Interview Alzheimer un autre regard »

  1. Muller

    Bonjour Mme Roumanoff, j’espère que vous allez bien.
    J’ai lu tout vos livres sur la « confusionite » et je les fais lire à mes frères pour notre papa qui est entré dans ce beau pays de la confusionite depuis plus de 6 mois.
    Cependant nous voilà arrivés à une étape qui nous paralyse un peu. Notre papa vit chez un de mes frères, dans son studio, dans la même maison. Et moi je suis à 600 kms, donc pas très commode pour aider. Et notre papa s’est retrouvé en rétention urinaire sur énorme prostate. Sondage etc, et le voilà de retour chez lui avec ce tuyau pour uriner… Bien évidemment le tuyau est resté en place 1 jour, le lendemain il l’avait découpé en morceaux et retiré (heureusement). Retour à l’hôpital et re-sonde. J’ai dit à mon frère de lui faire une affiche: « j’ai un tuyau pour faire pipi, je n’y touche pas. »
    Mais…. sans savoir si c’est ce qu’il faut faire, ou dire, comprenant bien que pour lui ce tuyau n’existe pas, n’est pas lui…
    Donc, Mme Roumanoff, si vous avez une idée ou connaissance de ce genre de situation… On est preneur !!!!
    Merci beaucoup.
    Je vous embrasse.
    Marie-Gabrielle Muller

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    1. colette roumanoff Auteur de l’article

      Bonjour,
      Vous pouvez essayer plusieurs choses
      1- faire disparaître ce qui peut servir à couper le tuyau
      2- dire: c’est un prolongement (et pas un tuyau) comme cela c’est plus pratique et ne pas donner d’instruction négative comme quand on dit à un enfant ne tombe pas, le cerveau retient : « tombe » « n’y touche pas » est une formule inefficace. 
      3- parler d’une voix calme comme si on disait : deux et deux font quatre et avec lesourire
      4- augmenter d’abord la confiance du malade en faisant pour lui des choses qu’il apprécie spécialement, puisqu’il se trouve dans une situation déjà difficile du fait de sa maladie
      5- si c’est possible engager une discussion de fond:
      Aime tu aller à l’hôpital?        
      Moi non plus je n’aime pas du tout quand tu vas à l’hôpital
      Maintenant il y a un nouvel appareil pour uriner et c’est important de pouvoir bien uriner,
      On peut aller se promener tranquillement ou aller au cinéma…ou veux tu me lire un poème?
      6- utiliser le système de James Cameron pour capter la mémoire instantanée, il appelle cela la « récupération espacée ». C’est un peu fastidieux mais ca peut fonctionner: On donne une information et on demande à la personne de la répéter avec des intervalles de temps de plus en plus longs. Attendre une minute environ puis poser à nouveau la même question
      Si la personne atteinte de troubles cognitifs redonne la bonne réponse, doubler l’intervalle de temps avant de poser à nouveau la même question, 2puis 4 puis 8 minutes etc…Si la personne ne trouve pas la réponse, on la lui donne
      et on lui demande de la répéter immédiatement…Ensuite on reprend avec le dernier intervalle réussi. Si, la personne ne trouve pas la réponse, on la lui donne. Elle la répète.
      Voici un exemple qui permet de bien comprendre cette technique:
      « Lorsque nous sommes montées dans la voiture lundi, j’ai dit à ma mère « Maman, nous allons à ton école. Où est-ce que nous allons ? » et elle m’a répondu « A mon école – tu viens de me le dire
      Puis j’ai attendu quelques minutes et j’ai dit « Maman, où est-ce que nous allons ? » et elle m’a répondu « A l’école. Je ne suis pas stupide »
      J‘ai attendu quatre minutes et j’ai dit « Maman, où est-ce que…
      et avant que j’aie pu finir ma phrase, elle a dit « Je vais à l’école, bon sang ! » Elle ne m’a pas demandé où nous allions de tout le trajet.
      Pendant le reste de la semaine, lorsque nous montions dans la voiture
      je lui disais « Maman, où est-ce que nous allons ? » et elle répondait: « À l’école – et ne me le redemande pas ». Aujourd’hui, nous avons gardé
      cette routine et elle ne pose plus du tout cette question sur le trajet de l’accueil de jour. »

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