Archives de catégorie : Comprendre la maladie

Comment vivre au quoditien

Prendre du recul ou de la hauteur, changer son regard.

« Hier Maman m’a dit : et comment va ta maman? Je lui ai dit avec un air paniqué: qui je suis moi comment je m’appelle? Elle a trouvé mon prénom au bout d ‘un temps très long, et j ‘ai pleuré parce qu’elle avait oublié les prénoms de mes enfants. »

Les gens qui sont malades ne peuvent pas avoir le mêmes réactions que ceux qui ne sont pas malades. C’est la première chose à savoir. Quand on se trouve en face d’un événement qui choque parce qu’on ne comprend pas ce qui se passe, il faut prendre du recul ou de la hauteur. Ce qui permet de voir l’essentiel, de voir dans tous les détails ce qui se passe vraiment. Nommer et reconnaître ne sont pas identiques. La dame finit par nommer sa fille mais cela lui a coûté un effort. C’est pas parce qu’elle ne sait plus la nommer qu’elle ne la reconnait pas.

Cette dame malade a prononce le mot « maman » en voyant sa fille, le lien est là mais il est obscurci par la perte des repères entraînée par la perte des neurones. Mère fille, les repères se mélangent. Si la fille se met à pleurer et à crier, la mère malade va être choquée car elle ne comprend que c’est elle qui a déclenché cette tornade. Dans la personne qui pleure et qui crie elle ne va pas reconnaître sa fille, une personne avec qui elle avait une relation d’affection, maintenant hors d’atteinte. Cette personne qu’elle n’a pas su nommer exprime de l’hostilité. Cette hostilité est reçue cinq sur cinq par la malade et fait obstacle à toute forme de relation.

La maladie d’Alzheimer oblige a repenser la relation, à l’approfondir. De quoi cette personne qui a été ma mère a besoin pour se sentir bien? Elle a besoin d’un sentiment de sécurité. Les pleurs et les cris ne vont pas faire reculer la maladie mais vont l’aggraver. C’est le B.A BA de la relation avec toute personne malade. On ne vient pas voir une malade pour lui reprocher sa maladie, sous le fallacieux prétexte qu’on l’aime et qu’on ne supporte pas de voir ce qu’elle est devenue.

La maladie d’Alzheimer oblige à repenser la relation de soin. Traiter la personne comme si elle n’était un corps « le nursing »… c’est une autre manière de nier la personne. Elle est là, différente, mais elle est là, dans le présent, avec son ressenti et ses repères manquants. Elle attend quelque chose. Elle attend un sourire, une approbation, une validation, quelque chose qui lui permettrait de se détendre et d’oublier l’inquiétude qui l’assaille dès que quelqu’un la regarde de travers, avec mépris, pitié, énervement ou colère.

Arriver à s’adapter à des circonstances aussi nouvelles demande un effort, un effort de lucidité, prendre du recul, de la hauteur pour mieux voir: Qui suis je dans cette situation nouvelle? Quel est mon rôle? Quelle attitude prendre et pour quel résultat? Rien ne sera jamais comme avant, il faut en prendre acte.

Dans une situation aussi délicate, on a besoin de toutes ses ressources, de toute sa force intérieure, de toute son intelligence, de toute sa réflexion. Alors et alors seulement les choses peuvent se présenter autrement, une relation nouvelle faite de douceur et de sécurité affective peut apparaître, une nouvelle relation de confiance. La malade qui se sait en sécurité peut offrir sa collaboration active à son entourage et non plus une opposition systématique à tout ce qu’on lui propose.

LES ASSIETTES ROUGES POUR MANGER MIEUX

Beaucoup de malades Alzheimer ont du mal à se nourrir et souvent ne mangent pas suffisamment.

Le problème de l’alimentation doit être rapporté au contexte général de la maladie. La perception du monde est changée et les informations sont de moins en moins bien traités surtout en quantité.

Servir un repas dans une assiette blanche posée sur une nappe blanche va mettre en difficulté un malade ( à partir d’un certain stade de la maladie), car il ne percevra pas clairement ou s’arrête son assiette et où commence la nappe. Rien ne remplace l’observation bienveillante du comportement du malade. Les tests de mémoire ne nous apprennent rien sur les repères dont dispose ou non le malade. Quand j’ai remarqué que mon mari essayait avec sa fourchette d’attraper de fleurs violettes qui décoraient le tour de son assiette, parce qu’il les confondait avec la nourriture, j’ai rangé les assiettes à fleurs dans un placard. Je les ai remplacées par des assiettes blanches que je posais sur une toile cirée anthracite.

Le rôle de l’aidant ou du soignant est de rendre l’environnement le plus lisible possible pour le malade. Ce sont les tous petits détails qui rendent faciles ou difficile les gestes quotidiens.

Pourquoi rouge ? On les voit mieux

Près de Machecoul, il y a un Ephad dont les soignants ont fait un tour d’Europe, il y a quelques années pour voir ce qui se faisaient ailleurs, et c’est en Suède qu’ils ont découvert les assiettes rouges. Dans ces assiettes les malades mangent avec appétit, les tasses aussi sont rouges. Et dans les salles de bains les cuvettes aussi sont rouges, ce qui évite des confusions. Encore une fois blanc sur blanc ce n’est pas lisible pour des malades.

La mode aujourd’hui est au blanc sur blanc : c’est design c’est branché! Les infos importantes comme « WC » sont ton sur ton, c’est à dire invisibles pour un malade. Dans certains Ephad, pour éviter les confusions de porte, on a peint les portes de couleurs différentes mais
pour des raisons esthétiques on a choisi des tons pastels qui ne sont pas reconnus. Le problème reste entier.

Pour les enfants en bas ages qui sont en train de construire leurs repères, les couleurs vives sont mieux reconnues. L’enfance est une clé dont il ne faut pas se priver pour comprendre les malades alzheimer, pour leur faciliter la vie avec des repères clairs.

L’enfance joue un rôle aussi dans le contenu de l’assiette. Les malades alzheimer ont une affinité avec le sucre, peut-être parce que le cerveau en consomme beaucoup, peut être parce que les repères flous dans lequel ils vivent leur rappelle l’enfance. Les desserts, les gâteaux, les crèmes à la vanille restent des best sellers jusqu’à la fin.

Enfin le ping-pong contre Alzheimer!

Je suis très heureuse de relayer cette bonne nouvelle. Cela fait dix ans que je répète qu’il faut jouer au ping pong dès le diagnostic Alzheimer posé et avant aussi, et que tous les Ephad devrait avoir une table de ping pong.

Même si le malade ralentit dans ses gestes et ses mouvements le jeu du ping pong reste rapide et précis avec toutes sortes de bienfaits évidents  sur la santé physique et  morale, sur la circulation de l’énergie cérébrale. Dans la vidéo jointe on me voit jouer au ping-pong sur une mini table très pratique à mettre chez soi. On ne compte pas les points tout est pour le jeu et l’amusement. Le tennis Club de Levallois invite aussi les aidants à jouer avec eux ou celles qu’ils accompagnent.

Voici le Communiqué  du  Gymnase Eric Srecki 152, rue Danton – Levallois
Contact  Renato Walkowiak 0629221199

Ping4Alzheimer
Suite à des cycles mis en place au Japon, Angleterre et USA, il s’est avéré que le tennis de table est le sport qui stimule le plus le système cognitif, il permet également à l’hippocampe de se développer. Il a un rôle primordial contre la lutte de la maladie d’Alzheimer.

Le LSC Tennis de table sera le premier club à commencer ces séances en France en Janvier 2018

Article Le Parisien paru le 09/11/18
« Pour rester jeune, jouez au tennis de table »
Selon certaines études, la pratique du ping-pong permettrait de se protéger contre les troubles de la mémoire. A Levallois, dans les Hauts-de-Seine, des personnes âgées ont des séances spécifiques.

m.leparisien.fr/sports/ile-de-france/pour-rester-jeune-jouez-au-tennis-de-table-09-11-2018-7938699.php

ALZHEIMER :MÊME PAS PEUR !

Les Actualités sociales hebdomadaires (ASH),  revue professionnelle hebdomadaire consacrée au secteur de l’action sociale publie cette semaine un compte rendu de « L’homme qui tartinait une éponge ».

TÉMOIGNAGE ALZHEIMER :MÊME PAS PEUR !

C’EST L’HISTOIRE D’UN HOMME QUI SE LÈVE EN PLEINE NUIT et qui, après avoir
erré dans son appartement en se cognant un peu partout, arrive dans une cuisine Continue reading

La bienveillance dans tous les détails

Véronique Paret est une auxiliaire de vie remarquable, elle aime beaucoup son métier et a déjà témoigné dans ce blog (vivre l’empathie)

Je l’ai interviewée cet été et elle a détaillé ses astuces de comportements qui reposent sur le désir d’induire une relation ou une complicité avec la personne malade même si les apparences ne sont pas favorables. Continue reading